Quand Hollande utilise la terminologie -stupide - du FN

par Framboise et Chocolat  -  24 Février 2015, 15:10  -  #Anti-FN., #politique, #société

Le soir, au dîner du CRIF, Hollande prononce le discours prévu. Tout juste prend-il soin de rappeler que le saccage du cimetière de Sarre-Union était le fait de "Français de souche, comme on dit", première occurence remarquable du terme dans une bouche officielle, qui peut, à la limite, en tendant bien l'oreille, s'interpréter comme une réponse polie à Cukierman.

Arrêt sur image

Je suis profondément outrée qu'un Président "socialiste" utilise un terme tout droit sorti des mythes du FN :"Français de souche".

Il me semble que la devise de la France est "LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ"...quelle égalité si certains français le sont moins que d'autres?...car c'est bien ce qu'il y a derrière ce terme (cf les deux articles ci-joint).

Je ne peux qu'être outrée qu'en utilisant ce terme un Président de la République Française valide ainsi la terminologie de l'extrême droite et, puisque les mots sont lourds de sens, par la même l'idéologie qu'elle comporte!

La défaite face au FN ne sortira pas des urnes pour Monsieur Hollande , elle est sortie de sa bouche hier soir au dîner du CRIF

Interrogé sur le sens de l’expression, l’historien Patrick Weil la critiquait en 2011 :

« Les souches sont immobiles, tandis que les êtres humains bougent et évoluent. La France a été une terre d’invasion puis de migrations, et les nouveaux venus ont toujours fini par s’intégrer. »

http://blogs.rue89.nouvelobs.com/les-mots-demons/2014/08/21/francais-de-souche-genealogie-dune-notion-manipulee-par-lextreme-droite-233359

Interrogé sur le sens de l’expression, l’historien Patrick Weil la critiquait en 2011 :

« Elle n’a aucun fondement. Les souches sont immobiles, tandis que les êtres humains bougent et évoluent. La France a été une terre d’invasion puis de migrations, et les nouveaux venus ont toujours fini par s’intégrer. »

Hervé Bras

A noter l'opération rétropédalage...finalement il a utilisé pour mieux dénoncer...a utilisé des guillemets ...

Marc Fauvelle.


Vous revenez ce matin sur les propos de Francois Hollande, lors du dîner du CRIF… Le Président a évoqué "les Français de souche", provoquant aussitôt une polémique.

"Une faute politique" a aussitôt grondé Aurélie Filippetti, pendant qu'à droite, on s'indignait. Qu'aurait-on dit si c'était Nicolas Sarkozy qui avait utilisé cette expression ? A-t-on pu entendre…

Alors qu'a dit précisément le Président, quelle est sa faute présumée ? Il s'adressait en premier lieu au président du CRIF, Roger Cukierman, qui venait lui aussi de provoquer une polémique (décidément c'est la saison....) en affirmant que les violences antisémites commises en France étaient uniquement le fait des musulmans. François Hollande lui a répondu de manière assez cinglante, et par l'exemple, en citant la profanation récente du cimetière juif de Sarre-Union commise, je le cite : "par des Français de souche, comme on dit" (et la fin de la phrase est importante).... Mais sitôt dit, sitôt jugé, François Hollande a été immédiatement suspecté d'avoir repris à son compte cette expression théorisée par l'extrême droite, et, en la mettant dans sa bouche lors d'un discours officiel, de lui offrir une légitimité. Pourtant, c'est exactement l'inverse qu'a voulu démontrer François Hollande. Sa phrase sonnait aussi comme une réponse à Marine Le Pen, qui avait affirmé que les terroristes ne poussaient pas dans les prairies normandes. Sous-entendu, que les djihadistes n'étaient pas des bons petits Français « bien de chez nous », des « Français de souche », mais des enfants des cités, de l'immigration et de la religion musulmane. Là encore, c'est en partie faux, et on l’a vu avec le parcours de l'un de ces djihadistes, Maxime Hauchard, l'un des bourreaux du groupe Etat islamique, qui avait tout, justement, "du Français de souche, comme on dit"

Alors François Hollande a-t-il commis une maladresse ?

Sans doute, oui, puisqu'il n'a pas été compris de tout le monde. Il aurait pu expliciter son propos, le sous-titrer de façon plus claire. Dire qui est ce "on", qui parle de « Français de souche »… Bien montrer qu'il ne s'agit évidemment pas de lui, mais de tous ceux, extrême-droite en tête, qui cherchent à opposer les « Français de souche », aux « Français de papiers », ceux qui ont acquis la nationalité française plus récemment, et qui seraient donc soupçonnés d'être un peu moins Français que les autres. Dès lors qu'on touche à l'identité française, on le sait, chaque mot "utilisé" dans le débat politique est "miné". Il y a une polémique derrière chaque porte, et le risque, c'est de ne plus rien oser dire du tout pour ne fâcher personne. Il y a un demi-siècle, le général de Gaulle pouvait parler de « Français de souche » pour évoquer les Européens installés en Algérie sans provoquer de débat, aujourd'hui ce n'est plus possible… L'expression a été à tel point utilisée comme ferment idéologique par les mouvances les plus extrêmes du FN, et aujourd'hui encore par une députée comme Marion Maréchal-Le Pen, qu'elle en devient gênante, à mettre entre deux paires de guillemets. Les « Français de souche », c'est la première pierre sur laquelle les partisans de la théorie du grand remplacement ont bâti leur idéologie loufoque et dangereuse. François Hollande le sait bien. Mais ces propos, qui visaient justement à dénoncer ces raccourcis ultra-simplistes, ne méritaient certainement pas cette polémique complètement dérisoire.

Désolée connaissant ce que l’extrême droite met derrière on ne dit pas français de souche...je veux bien qu'il s'agisse d'une "maladresse " mais elle est lourde de sens , Il me semble qu' elle prouve que la pensée FN s'insinue peu à peu partout...

« Il n’y a pas les Français de souche et les Français de feuillage et de branchage. Chacun peut aimer sa Bretagne ou son Algérie natale et être pleinement citoyen français. »

Ségolène Royal, 2007