Cuir: Le Mythe a la Peau Dure

par Framboise et Chocolat  -  7 Mars 2015, 17:24  -  #ethique animale

"Pour quelle raison sommes-nous en train de nous tuer ? Pour que les pays qui ne veulent pas détruire leurs propres terres et leur cours d’eaux nous payent une somme dérisoire pour dilapider nos inestimables ressources. Nous sommes tombés dans ce piège. Nous sommes en train de nous tuer lentement dans une spirale" Maneka Gandhi

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Le Cuir - Mythe n°1 : Le cuir n’est pas un produit lié à la souffrance animale

Le cuir, c’est de "la peau sans pelage". Son commerce n’est pas plus moral ou plus convenable que celui de la fourrure. Avant que sa peau se retrouve sur nos chaussures, sacs ou blousons, un animal a été tué et dépecé.

Scandale de la vache folle, cochon et poulet à la dioxine... Le grand public ne peut plus ignorer les réalités de l’élevage intensif. Le calvaire est quotidien pour des millions d’animaux de ferme : bovins, porcins, ovins, caprins et chevreaux compris.

Pourtant, la majorité des végétariens, écologistes et amis des animaux continuent à porter du cuir en pensant qu’il n’y a aucun lien entre l’industrie du cuir et celle de la viande. Vous devez toujours avoir à l’esprit que :

Sans l’industrie de la viande et ses dérivés, il n’y aurait pas d’industrie du cuir.

Le commerce du cuir est une industrie très lucrative qui subventionne copieusement les éleveurs et les abattoirs.

En effet, la peau d’un animal peut valoir beaucoup d’argent, les subventions de l’industrie du cuir participent au maintien du prix bas de la viande. S’il y avait une baisse dans la demande de cuir, le prix de la viande augmenterait spectaculairement et par conséquent, beaucoup d’individus diminueraient leur consommation en produits carnés. Ce qui serait une excellente chose pour leur santé et celle des animaux !

L’industrie du luxe est très friande de peaux d’animaux non-nés de type chevreau, agneau et veau. Ce qui veut dire que la mère, toujours en gestation, est avortée ou abattue. Finalement, ce n’est pas cohérent d’éviter d’acheter de la viande en réaction contre l’exploitation animale et continuer à porter leur peau.

Le Cuir - Mythe n°2 : Le cuir est écologique

Cuir et produits chimiques

La peau est biodégradable, c’est-à-dire qu’elle pourrit et se désagrège rapidement. C’est le processus naturel que subit un cadavre. À l’inverse, les procédés de tannage et de teinture pour arrêter le processus naturel de pourrissement d’une peau sont loin d’être "naturels" et écologiques !

Ces techniques de transformation de la peau en cuir sont extrêmement polluantes pour l’environnement et toxiques pour les travailleurs des tanneries et les habitants vivant à proximité de ces industries, majoritairement situées dans les pays en voie de développement.

En effet, les tanneries ont presque toutes été fermées dans les pays occidentaux (excepté l’Italie) car les lois de protection de l’environnement contraignent ces industries à traiter leurs eaux usées. Au lieu de les mettre aux normes, les industriels ont majoritairement préféré délocaliser leurs tanneries dans les pays du Tiers Monde ou les lois de protection de l’environnement et des travailleurs sont inexistantes.

La majorité des employés des tanneries sont des enfants qui travaillent sans masque, lunettes et gants de protection pour les voies respiratoires, les yeux et la peau.

Pourtant ces gamins manipulent chaque jour des produits toxiques. Les conséquences sont désastreuses sur leur santé. Mais pour l’importateur occidental, seul compte le fait que le cuir fabriqué dans ces pays soit très bon marché.

Les substances employées dans la fabrication de cuir sont :

la chaux, sulfate de sodium, acide formique, acide sulfurique, chrome, plomb, zinc, fer, formaldéhyde, bicarbonate de sodium, divers colorants et résines ainsi que des dérivées de goudron et de charbon. Les teintures et les conservateurs sont majoritairement à base de cyanure.

Tous ces produits seront ensuite directement rejetés dans la rivière, provoquant la destruction des écosystèmes, l’empoisonnement de la faune et l’intoxication de la population humaine locale : avec des cas croissants de cancers, des naissances prématurées avec malformations d’organes et retardements mentaux.

Cuir exotique et désastre écologique : le cas d’école Australien

L’Australie détient le triste record mondial de destruction de son écosystème. Depuis des décennies le lobby colonialiste a transformé "le rêve" des aborigènes, premiers habitants de l’Australie, en pâturage pour moutons et bovins. Il n’y a plus de place pour les autochtones et la faune sauvage qui vivaient en parfaite harmonie, avant l’arrivée des hommes blancs et de leurs bétails.

130 millions de moutons et 27 millions de bovins vivent sur une terre totalement inadaptée à leurs sabots durs. Le résultat est une érosion massive des sols conduisant au processus inéluctable de désertification. Pourtant de prétendus experts, payés par l’élevage agricole, jurent que le seul responsable de tous ces maux est le kangourou, bouc émissaire facile et lucratif pour cette même industrie.

En effet, le cuir de kangourou est devenu une matière très prisée par l’industrie du sport. Le cuir de kangourou sert à confectionner principalement des gants de base-ball et des chaussures de sport, comme, par exemple, Adidas avec son modèle de chaussure de football "predator".

Toutes les nuits, 10.000 kangourous sont massacrés sur l’autel du profit. Le quota défini, pour satisfaire la demande commerciale à l’export, est de 6.9 millions de kangourous qui doivent être abattus, pour la seule année 2003.

Pourtant 5 espèces de kangourous ont déjà été décimées, 4 autres sont aux bords de l’extinction, 7 sont toujours classés comme espèces "commerciales", wallabies compris.

La chasse a lieu en pleine nuit dans des régions isolées où, un nombre dérisoire de gardes nationaux sont affectés par les états (6 dans le Queensland), pour réguler la chasse.

Le gouvernement australien soutient massivement ce massacre car le cuir de kangourou rapporte de substantielles devises. Pourtant, le kangourou joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes australiens. Cet animal vit uniquement en Australie, il en est le symbole national.

Sa protection se justifie au nom du patrimoine mondial au même titre que l’éléphant d’Afrique. N’attendons pas pour réagir, qu’il lui arrive le même sort que le dodo animal symbole de l’île Maurice, dont l’espèce est aujourd’hui éteinte.

Les moutons et bovins sont les vrais responsables du désastre écologique australien, mais l’industrie de la viande et ses dérivés (cuir, laine...) continueront à dicter leur loi tant qu’il y aura des subventions et des acheteurs pour leur production.

Complément d’information :

Campagne mondiale contre le cuir de kangourou organisée par l’association britannique Viva : www.savethekangaroo.com

Un document vidéo filmant en caméra cachée l’exaction des chasseurs, est disponible à l’association Viva : www.viva.org.uk.

Le cuir exotique provient également d’animaux comme : les serpents, crocodiles, autruches, tigres, léopards, zèbres, opossums, éléphants, requins, phoques, morses, alligators, lézards, tortues...

Près d’un tiers du cuir exotique provient d’espèces en voie d’extinction, impunément braconnées. Les crocodiles et les alligators sont capturés à l’aide un crochet et bastonnés à mort, leur agonie peut se prolonger pendant près de 2 heures.

Les serpents et les lézards sont systématiquement écorchés vifs. Il a été observé qu’un serpent, après avoir été écorché, peut agoniser jusqu’à 4 jours avant de mourir.

Selon le dernier recensement datant de 1994 :

80 % de la population mondiale d’autruches se trouve en Afrique du Sud.

La France importe environ 8.000 peaux d’autruches (70 % de ces peaux sont à destination de la société Hermès).

Le cheptel d’autruches existant sur le territoire national est de 1.500 animaux.

La France est un des principaux centres de tannage et de confection de cuir de crocodiles pour la maroquinerie de luxe. En 1991, à Pierrelatte (Drôme), débuta un élevage pilote de crocodile du Nil, espèce la plus prisée par l’industrie du cuir. La queue des crocodiles est destinée à l’alimentation humaine, tandis que le reste de leurs carcasses sera consommé par les autres crocodiles de l’élevage.

Cuir et Tiers Monde : le cas d’école Indien

L’Inde est le 2ème plus gros producteur de chaussure et le 3ème plus gros exportateur de vêtements en cuir au monde principalement pour le marché européen.

En 2002, la production animale fut de : 24.5 millions de bœufs et buffles, 17 millions de cochons, 66.1 millions de moutons et chèvres. L’élevage intensif de bétails est en train de créer un désastre écologique irréversible :

Destruction de la faune sauvage, les tigres sont tués pour protéger les troupeaux.

Déforestation, il y a 15 ans les forêts couvraient 23 % du paysage indien, aujourd’hui elles ne couvrent plus que 7 % du territoire. Les arbres doivent être coupés pour créer des pâturages.

Érosion des sols, après le passage des cheptels, les sols sont mis à nu.

Rivières asséchées, diminution de la pluviométrie, sécheresse.

75 % de la viande et le cuir d’animaux élevés en Inde sont destinés à l’export, principalement les pays du Golfe (viande) et l’Union Européenne (cuir).

À la fin des années 70, le gouvernement indien décréta que le cuir devait être un important produit d’exportation. De ce fait, il y eut un relâchement graduel dans les restrictions d’importation de machineries de tannage et de produits chimiques. Depuis 1991, L’industrie a même été encore plus encouragée par le gouvernement après que des mesures d’ajustement structurelles furent imposées par le Fonds Monétaire International.

En 2001, il y avait plus de 900 tanneries opérantes dans la région de Tamil Nadu. À cause du développement intensif de l’industrie en cuir, l’utilisation traditionnelle de végétaux a été remplacée par des produits chimiques comme le zinc, l’arsenic, le cadmium et le chrome, agent principal de tannage.

Le tannage au chrome a l’avantage de réduire le processus de tannage à environ 2 jours et de produire un grain plus fin. En comparaison, le processus de tannage végétal peut prendre jusqu’à 2 ans.

En clair, le tannage avec des végétaux coûte cher car il demande plus de temps, il est donc moins rentable que l’utilisation de produits chimiques.

Mais c’est le processus de tannage au chrome qui pollue le plus les ruisseaux, rivières, lacs, réservoirs et les puits dans les régions où sont basées les tanneries. Avec ce type de procédé, les tanneries utilisent environ 170 types de produits chimiques ajoutés au chrome. Le tannage d’un kilogramme de cuir exige au moins 35 litres d’eau, qui deviennent totalement pollués par des résidus chimiques et organiques.

Beaucoup de tanneries sont de petites structures utilisant des procédés obsolètes. Moins de 25 % des tanneries traitent leurs effluents avant de les déverser dans les étangs ou les rivières. Ces pratiques détériorent la santé des ouvriers et des habitants des alentours, polluent les terres cultivées attenantes, contaminent les sources aquifères à cause des déchets organiques et des métaux toxiques.

1,4 million d’indiens travaillent dans l’industrie du cuir, principalement des enfants et des femmes sous-payés. Ces travailleurs sont exposés à des niveaux dangereux de produits chimiques toxiques, cancérigènes et potentiellement mortels comme l’ammoniac et le formaldéhyde.

Les ouvriers de tannerie souffrent de maladies de peau, fièvre, inflammation oculaire, cancer des voies respiratoires et ainsi que des problèmes de stérilité. Il n’est pas acceptable de soutenir que, pour qu’une industrie reste compétitive, la vie de ceux qui y travaillent, doit être mis en danger.

La terre et les réservoirs d’eaux souterraines des villages voisins sont contaminés par des sels et d’autres effluents, par conséquent ils sont devenus inaptes à toute utilisation autre que comme dépotoirs pour les tanneries. Les champs sont inutilisables, le gagne-pain des habitants est alors détruits.

Par exemple, en Inde du Sud, la rivière Palar est contaminée sur une longueur de 100km. Dans la même région, 35.000 hectares de terres cultivées sont contaminés par les eaux des égouts provenant de tanneries. Le rendement de la terre a été réduit de moitié. Les fermiers ne reçoivent aucune compensation pour les pertes de récolte. Beaucoup d’entre eux ont dû se résigner à vendre leur terre aux tanneries et partir grossir les bidonvilles des mégalopoles.

Chaque année, les tanneries, situées dans la région d’Uttar Pradesh, déversent au minimum 10.000 tonnes de chrome dans le Gange, qui n’est pas seulement une source d’eau potable pour des millions de gens, mais aussi le fleuve sacré pour des centaines de millions d’Hindous.

Dans la population locale, il y a une augmentation significative des maladies dues à l’absorption d’eau polluée : maladie gastro-intestinale, asthme, diarrhée du nourrisson causée par un empoisonnement du lait. La tuberculose a aussi augmenté et le taux élevé de sel, contenu dans les bassins d’eaux usées, les fait se transformer en nids à bactéries de choléra.

Selon Maneka Gandhi : "Pour quelle raison sommes-nous en train de nous tuer ? Pour que les pays qui ne veulent pas détruire leurs propres terres et leur cours d’eaux nous payent une somme dérisoire pour dilapider nos inestimables ressources. Nous sommes tombés dans ce piège. Nous sommes en train de nous tuer lentement dans une spirale".

La France est le 3e plus gros importateur de cuir fabriqué en Inde.

Complément d’information :

Rapport 2002 Greenpeace Inde : "Tanneries kill Rivers Environment and People Too" - Pasumai Thaayagam

Le Cuir - Mythe n°3 : On ne peut pas se passer de cuir

On n’est pas condamné à porter toute l’année des bottes en caoutchouc ou des espadrilles, pour éviter le cuir ! Il existe une gamme très large de chaussures de ville pour homme et femme, fabriquée sans cuir et vendue en VPC, grandes surfaces et boutiques. Il suffit de lire sur l’étiquette : matière synthétique.

La vraie nouveauté est l’invention, depuis une dizaine d’année, de la matière Lorica. Elle a l’aspect du cuir et présente de meilleures qualités d’évaporations que celui-ci, les pieds respirent parfaitement dans cette matière révolutionnaire. Cerise sur le gâteau, le Lorica est un produit écologique fait de matières recyclées.

Les marques Dr Martens et Birkenstock ont développé avec le fabriquant britannique Vegetarian Shoes leur gamme de chaussures en Lorica, disponible à la vente sur Internet. Vegetrarian Shoes présente aussi sa propre création de chaussures 100 % sans matière animale ainsi que des manteaux et blousons imitation cuir, au design très tendance. www.vegetarianshoes.com

D’autres sites proposent également une gamme de chaussures, ceintures, sacs et blousons sans cruauté :

www.veganline.com
www.veganstore.co.uk
www.ethicalwares.com
www.veganwares.com
www.freerangers.co.uk
www.beyondskin.co.uk

Lobby du cuir : L’État français fait pression sur les éleveurs

L’état français oblige les éleveurs même bios à traiter leurs bovins contre le varon, à l’aide d’un produit vétérinaire pourtant interdit sur les vaches laitières. Son seul objectif est de satisfaire les professionnels de l’industrie du cuir.

Le varon est une petite pustule avec perforation sur la peau des bovins provoquée par la larve de la mouche hypoderme. Le varon est aussi le nom de cette larve.

En 1998, la France a rendu obligatoire un programme d’éradication du varon sur tout le cheptel bovin. Pourtant le varon ne représente aucun danger ni pour le consommateur de viande bovine ni pour les animaux. Selon l’Institut de l’élevage : "Notre étude de terrain n’a révélé aucune différence de croissance entre les animaux atteints par le varon et ceux qui en sont indemnes." La campagne d’éradication du varon coûte très cher à l’état (fonds publics = argent des contribuables) : 76 millions de francs pour la seule année 1999.

Le problème n’est pas d’ordre sanitaire mais économique. En effet, la larve en trouant la peau des vaches, fait baisser la qualité du cuir. De plus, lorsque les trous en question sont cicatrisés, les tanneurs ne s’aperçoivent pas forcément de leur présence à l’abattoir, au moment de l’achat des peaux. Ils sont alors obligés de procéder à des traitements coûteux pour remettre le cuir en bon état.

Des éleveurs, surtout ceux de la filière bio, refusent le traitement de leur bétail. Selon eux, le varon joue un rôle d’indicateur de la santé des animaux puisqu’il parasite prioritairement ceux qui sont affaiblis. Ils ont également constaté que les jeunes bovins, plus souvent atteints, s’immunisent naturellement au fil des ans. Selon Stéphane Lefébure, un agriculteur biologique : "Traiter tout le cheptel de manière préventive comme le plan d’éradication le prévoit, c’est retomber dans les excès de l’antibiothérapie systématique pratiquée notamment dans les élevages industriels de volailles."

Cependant les pouvoirs publics exigent l’administration d’un médicament à tous les bovins, sans tenir compte des prescriptions de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). En effet, la notice du produit à injecter (l’Ivomec, à base d’ivermectine) indique qu’il est proscrit pour les vaches laitières, à cause du risque de trace du médicament dans le lait.

Complément d’information : l’article "Acharnement thérapeutique sur les bovins", magazine UFC-Que Choisir, février 2000

Les chiffres du cuir en France

120 000 tonnes de peaux sont collectées chaque année.
En 2002, les tanneries ont généré 48 000 tonnes de déchets. Parallèlement, 3 millions de tonnes de déchets crus d’abattoirs non valorisés ont été également produits par le même cheptel.

Laine de mouton (pour l’isolation de l’habitat), attention au mythe écolo

Beaucoup d’écologistes conseillent d’utiliser de la laine de mouton comme isolant " écologique " alternatif à la laine de verre polluante.

Voici un témoignage intéressant - publié dans le magazine Les quatre Saisons du Jardinage n°159 - qui remet en question la laine de mouton.

"J’ai construit ma maison, il y a 3 ans avec une isolation du toit en laine de mouton non traitée et non lavée. Un an après, nous étions envahis par les mites. L’idée répandue que le suint (graisse qui imprègne la toison des mouton) est un répulsif est bien ancrée dans les esprits et reprise dans les nombreux ouvrages consacrés à l’isolation écologique. Cependant, je suis persuadé en ayant ouvert le toit de ma maison et en ayant consulté le site http://www.eco-bio.info/forum/upload/ où un forum est consacré à l’isolation en laine de mouton, que c’est une idée fausse (...) "

Les rédacteurs du journal répondent à ce lecteur en expliquant que la réédition du livre L’Isolation écologique vient d’être modifiée dans ce sens et ajoutent que des infestations de mites ont été également constatées avec des isolants laine en rouleaux malgré un traitement chimique contre les mites.

Le conseil du site VegAnimal

Construisez et isolez votre habitation avec des matériaux naturels et écologiques en fibre végétale comme le chanvre. Pour en savoir plus, http://www.technichanvre.com/chanvr...

Liens utiles

"Guide raisonné de l’éco-construction 2004 - 2005", un guide et annuaire professionnel qui liste de nombreux matériaux sains et écologiques dans toute la France et quelques pays voisins - publié par l’association Bâtir-Sain.

Site sur l’habitat écologique : http://www.ideesmaison.com

Association Terre Vivante : http://www.terrevivante.org

Association Bâtir-Sain : www.batirsain.org

Bio construction : http://www.bio-construction.com/

La maison écologique : http://www.la-maison-ecologique.com/

Le commerce illégal de bétail finance le terrorisme

Lakhnau - D’après les autorités gouvernementales de l’Uttar Pradesh, ce qui ne semblait être depuis plusieurs années qu’un inoffensif, bien qu’illégal, « marché parallèle », à savoir un commerce de bétail, pourrait s’avérer une source de financement terroriste. Les autorités ont affirmé qu’une grande partie des 15000 crores perçus illégalement par ce commerce abreuve les finances du terrorisme.

Le lien entre la contrebande de bétail et la criminalité a été mis en évidence lorsqu’un certain Mizanur Rehman a été accusé de l’enlèvement de Partho Burman, le directeur de Khadim Shoes, dont le siège est à Calcutta. Le jeune frère de Mizanur âgé de 22 ans, Azizur Rehman Sardar, n’était autre qu’un activiste du Harkat-ul-Jihad-e-Islami (HuJI)[groupe extrémiste du Bangladesh,ndt], purgeant sa peine à la prison de Lakhnau.

Mizanur était connu pour être le bras droit de Jalaluddin, alias Babu Bhai, le chef de l’antenne du HuJI, qui se trouve également à la prison de Lakhnau. On soupçonne qu’une partie de la rançon de 4 crores exigée lors de l’enlèvement dans l’affaire Burman ait été reversée à Omar Sheikh, l’un des tueurs présumés du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan.

Azizur Rehman est en prison pour avoir détourné des armes et des explosifs du Bangladesh en Inde (son dernier dépôt secret contenait 2kg de RDX, 10 grenades et 10 détonateurs). Mais bien avant cela, ce résident du Bengale Occidental travaillait comme trafiquant de bétail à la frontière entre l’Inde et du Bangladesh. Il en va de même pour ses trois autres associés arrêtés à ses côtés en juin 2007.

Azizur fait partie de la centaine de soldats du réseau de terrorisme transfrontalier qui s’est engagé dans le trafic de bétail dans les périodes creuses.

Contrairement au faux-monnayage indien (FICN), au trafic d’armes et de stupéfiants, le trafic de bétail est une tactique de financement moins connue et probablement moins palpitante, mais difficilement repérable. C’est également un moyen très fiable de maintenir les « marginaux » et de recruter ceux qui formeront le maillon le plus actif dans la chaîne terroriste.

Ce trafic prospère qui, selon certaines sources, possède « 68 couloirs de contrebande et 149 villages sensibles éparpillés le long de la frontière du Bengale Occidental et le long des 1485km de frontière entre l’Inde et le Bangladesh », inquiète depuis plus de dix ans les gouvernements de l’Utta Pradesh et du Bengale Occidental.

C’est la section de protection des animaux du ministère de l’environnement et des forêts qui a détecté l’affaire. Dans une lettre transférée au ministère des affaires étrangères, le département a mis en évidence « le sérieux problème des transactions hawala au lieu du bétail trafiqué dans la région de Chittagong ». L’argent, peut-on lire avec emphase dans la lettre, « finance les groupes terroristes islamiques et leurs agents dormants dans le pays... La sécurité nationale exige que le trafic de bétail au Bangladesh cesse immédiatement. » Sur la base de ces données, le Ministère de l’Intérieur a alerté les gouvernements de l’état.

Le gouvernement de L’Utta Pradesh avait montré une inquiétude semblable à propos de cette affaire il y a deux ans. Le 26 août 2006, le chef de la police de l’époque, Bua Singh, citant le secrétaire à la gestion des frontières du Ministère de l’Intérieur, avait annoncé dans une circulaire, que « le trafic d’animaux à la frontière du Bengale Occidental atteint les 50 à 60 lakh par an ». Il a également fait remarquer que « les officiers du Bangladesh régularisent le trafic illégal de bétail en percevant une taxe de 500 à 1000 takas sur chaque animal ; les trafiquants en deviennent ainsi formellement les propriétaires. »

D’après ce qu’affirment certaines sources, cette contrebande pourrait rapporter 14000 à 15000 crores par an. Ces opérations s’appuient sur un solide réseau en forme d’entonnoir qui traverse le Rajasthan, le Punjab, l’Himashal Pradesh, l’Haryana, l’Uttarakhand et une partie du Madhya Pradesh. L’Utta Pradesh représente la tête de l’entonnoir et le Bihar son embout, qui s’ouvre enfin sur le Bengale Occidental.

Perso : je fini mes dernières chaussures et promis juré je n'en achète plus jamais.