Les pauvres sont des fraudeurs » : vrai ou faux ? Faux

par Framboise et Chocolat  -  25 Mars 2015, 15:51  -  #Anti-FN., #société

Publié le 07 septembre 2014

« Les pauvres sont des fraudeurs » : vrai ou faux ?

Faux. Ils fraudent beaucoup moins que les autres.

Il ne s’agit pas de nier ni la fraude aux prestations sociales, ni la nécessité de lutter contre elle. Mais elle est très faible par rapport aux autres types de fraudes – notamment la fraude fiscale.

Montant des fraudes estimées

64,4 milliards

Moins de 1%

TVA

5 à 7%

Travail au noir des entreprises (DNLF)

6,2 à 7,5%

Impôt sur les sociétés

24 %

Impôt sur le revenu

30 à 38 %

Montants des fraudes effectivement détectées

44 millions en 2012 (CNAF)(1)

Fraude à la CMU-C et à l’Aide Médicale d’État

0,9 millions en 2011 (DNLF)

Fraude à l’assurance-maladie par les professionnels de santé

120 millions en 2010 (source DNLF)

Travail non-déclaré par les entreprises

260 millions en 2012 (DNLF)

366 millions en 2012 (DNLF)

3,66 milliards en 2012 (DNLF)

(1) : Conférence de presse de la CNAF du 17 septembre 2013

44 millions d’euros de fraude au RSA en 2012 pour 2,3 millions de foyers bénéficiaires (en décembre 2013), cela représente en moyenne 20 euros par foyer et par an. « La fraude des pauvres est une pauvre fraude », estime le Conseil d’État en février 2011(1).

Dernier point : en face des 698 millions de fraude estimée aux prestations familiales, alignons les montants estimés des non-recours à ces mêmes prestations : 5,3 milliards pour le RSA, 4,7 milliards pour les prestations familiales et le logement, 828 millions pour l’allocation personnalisée d’autonomie (APA)…, soit, au total, environ 11 milliards « économisés » chaque année par l’État parce que, pour différentes raisons, une partie des personnes qui ont droit à ces prestations ne les sollicitent pas(2) !

Au Royaume-uni, les non-recours s’élèvent à 22 milliards d’euros. Le taux de fraude aux prestations sociales s’élève à seulement de 0,9 % du budget (soit 2,3 milliards d’euros)(3), alors que 80 % des Britanniques pensent qu’un grand nombre de bénéficiaires fraudent. Il existe un numéro d’appel pour dénoncer les fraudeurs aux prestations sociales, qui reçoit plus de 250 000 appels par an. Mais la fraude n’est avérée que dans 3 % des cas(4)… et des dizaines de milliers de bénéficiaires honnêtes sont l’objet d’enquêtes coûteuses et inutiles. En Irlande, le montant des fraudes détectées s’est élevé en 2012 à seulement 0,1 % du budget de la protection sociale(5).

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