Le modèle alimentaire français - l'élevage des lapins -Ne fermons pas les yeuxM Ricard

par Framboise et Chocolat  -  19 Juin 2015, 14:15  -  #ethique animale

Le modèle alimentaire français - l'élevage des lapins -Ne fermons pas les yeuxM Ricard
Le modèle alimentaire français - l'élevage des lapins -Ne fermons pas les yeuxM Ricard

99% des lapins en France sont élévés dans ce type d'élevage.

La France est le 4e plus gros pays producteur mondial de lapins élevés pour leur viande - les "lapins de chair".
Elle est précédée par la Chine, de l'Italie et de l'Espagne.

L'élevage des lapins en France

38 millions de lapins sont comptabilisés en abattage contrôlé mais le nombre de lapins élevés pour leur viande est plus élevé. Bien qu'en diminution, il existe encore des élevages familiaux qui comptent peu de lapines reproductrices. Nous décrirons ici les élevages professionnels qui alimentent en particulier les grandes surfaces.

Ces élevages comptent en moyenne 495 lapines reproductrices.
Chaque femelle a auprès d'elle 8 à 9 petits. Les 8 ou 9 petits de la portée précédente sont au stade de l'engraissement dans d'autres cages. En moyenne, dans un élevage, on compte donc plus de 6000 lapins présents. La taille moyenne des élevages a triplé entre 1984 et 2006.

100% cage de batterie

L'élevage professionnel est intensif de type hors-sol : les lapins sont enfermés dans des cages exiguës au sol grillagé pendant toute leur vie. Le temps de travail requis pour conduire ces élevages est réduit au minimum.

Des labels vantent parfois l'élevage en plein-air ou en semi plein-air : les conditions de vie des lapins y sont similaires à ceci près qu'ils sont plus exposés aux conditions climatiques. En aucun cas ils n'ont accès à de verts pâturages...

La production en bio ou en Label Rouge est marginale. Le Label Rouge représenterait moins de 1% des ventes, le bio n'est même pas quantifié...
Bio : les cages peuvent être déplacée sur de l'herbe donc les pattes reposent sur le sol. Les lapins ont plus de place qu'en standard.
Label Rouge : enclos au sol grillagé en engraissement avec 15 jours sur paille les derniers jours de vie, abattage à 90 jours au lieu de 72. Les densités sont moins élevées qu'en standard.

 

 

 

Et si , horriblement , ces maltraitances étaient la norme?

Mortalité et maladie dans les élevages cunicoles

Le taux de mortalité moyen dans les élevages de lapins de chair est de 26,7 %. Cela signifie que plus d'un quart des lapereaux meurent avant d'atteindre l'âge où ils sont abattus.

Sur 1000 lapereaux nés, 267 n'atteignent pas l'âge de 73 jours  (1):

  • 61 sont mort-nés ;
  • 62 sont éliminés à la naissance lors de l'équilibrage des nids ;
  • 78 meurent au nid (entre leur naissance et 35 jours) ;
  • 60 meurent à l'engraissement (entre 35 et 74 jours).

Aujourd'hui, la conduite d’élevage prépondérante est l’insémination artificielle avec conduite en bande unique à 42 jours. Les élevages comptent en moyenne 500 lapines.

Des morts en début de vie

Les 126 morts en tout début de vie sont vraisemblablement dues à la prolificité des femelles et au rythme intense imposé des mises bas.

La race des lapines pour les élevages de lapins de chair a été sélectionnée pour que naissent un maximum de lapereaux par portée. Les mises bas ont lieu tous les 42 jours dans la plupart des élevages (49 jours dans les autres). Aujourd'hui, en moyenne, il nait plus de 10 lapereaux par lapines. Elles ne peuvent en nourrir convenablement que 9 (8 si c'est leur première mise bas). Donc, outre les mort-nés, une sélection est faite par les éleveurs parmi les petits dès la naissance pour garder les "meilleurs" et les répartir dans les nids. Les petits sont manipulés et changés de mère au gré des besoins. Les lapereaux en surnombre sont tués.

 

Les maladies les plus courantes en élevage intensif (2)

Troubles respiratoires

En élevage intensif les lapins sont exposés à des troubles respiratoires liés aux bactéries, virus et champignons présents dans les bâtiments. La pasteurellose touche souvent les lapines.

Troubles digestifs

Les troubles digestifs sont courants et constituent une des causes importantes de mortalité. Des aliments médicamenteux sont utilisés quasi-systématiquement pour équilibrer la flore intestinale des lapins. Un épidémie d'entérocolite tue la quasi-totalité des lapins en quelques jours. Une forte épidémie a eu lieu en 1996 et les mesures sanitaires sont draconiennes depuis. Mais les cas d'entérocolites restent très présents dans les élevages.

Et les abattoirs...

"Quant à vous en dégoûter, comptez sur moi et sur Sébastien Arsac, porte-parole de L214, qui a enquêté dans plusieurs élevages en 2008. Je laisse Sébastien raconter:
«L’insémination artificielle est pratiquée à 93%. Elle est accompagnée d’une piqûre d’hormone (la GnRH) destinée à provoquer l’ovulation des lapines. Le sol des cages est en grillage. Les lapines reproductrices peuvent y rester jusqu’à deux ans. Le taux de mortalité annuel est de 30%. Les éleveurs sélectionnent les lapereaux et constituent des lots homogènes qu’ils répartissent entre les mères — après assommage des petits en surnombre. Sur notre site, vous pourrez voir des lapereaux, mal assommés sur les rebords d’une caisse, agonisant au milieu des mort-nés. Blessures aux pattes, déformation du squelette, les cages ne permettent pas aux lapins de se redresser ou de faire deux bonds successifs. Apathiques, ils n’ont rien d’autre à faire que… d’engraisser en rongeant les barreaux de leur cage. Chaque année, nos 40 millions de lapins consomment 10% du total des antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire. Malgré ce traitement, un quart d’entre eux meurent dans les élevages. La viande de lapin représente 1% des viandes totales. Quant à la mise à mort, imaginez, tout comme les poulets, des centaines de lapins suspendus à des crochets dans un abattoir, le sang coulant sur leur fourrure.»"
http://www.charliehebdo.fr/la_puce/animaux